Dans cette section, nous allons nous familiariser avec les distances astronomiques que l'on rencontre quand on veut parcourir l'Univers ; munis de l'unité de distance adaptée, l'année-lumière, nous irons de notre planète, la Terre, jusqu'aux galaxies les plus lointaines connues, dont la lumière a mis plusieurs milliards d'années à venir jusqu'à nous.
Les unités de distance ordinaires, mètre et kilomètre, ne sont pas très utiles quand on veut parler des distances dans l'Univers. Dire que la plus proche étoile (la plus faible des trois étoiles du système d'Alpha du Centaure) est à 40 000 milliards de km de nous ne parle guère à l'imagination. Et si on veut aller un peu plus loin dans l'Univers, il faudra apprendre à manipuler des chiffres vraiment très grands. Les astronomes s'accomodent de cette situation en utilisant des unités spécifiques comme l'année-lumière ou le parsec que nous verrons un peu plus loin. L'année-lumière, contrairement à ce que son nom peut laisser penser, n'est pas une unité de temps mais une unité de distance : c'est la distance parcourue par la lumière en une année, qui vaut 9,46 1015 m (voir exercice).
Un petit rappel sur la notation scientifique : 3 104 signifie 3 suivi de 4 zéros, soit 30000. 3 109 signifie 3 suivi de 9 zéros, soit trois milliards.
Et quand l'exposant est négatif ? 5 10-1 veut dire 0,5 ; 7 10-2 veut dire 0,07 ; l'exposant négatif indique donc qu'on doit déplacer la virgule vers la gauche d'un nombre de positions égal à la valeur de l'exposant.
| Distance à partir de la Terre | |
| Lune | 1,3 seconde-lumière |
| Soleil | 8 minutes-lumière |
| Pluton | 5,5 heures-lumière |
| Proxima Centauri | 4,2 années-lumière |
| Centre de la Voie Lactée | 26 000 années-lumière |
| Galaxie d'Andromède (Messier 31) | 2,6 millions d'années-lumière |
| Amas de galaxies de la constellation de Coma | 330 millions d'années-lumière |
| Horizon cosmique (Diamètre de l'Univers observable) | 44 milliards d'années-lumière* |
* L'horizon cosmique est la distance maximale parcourue par un photon depuis l'origine de l'univers jusqu'à aujourd'hui. Sa détermination n'est pas immédiate car elle dépend de la façon dont se déroule l'expansion de l'Univers.
Calculer la valeur d'une année-lumière en mètres sachant que la lumière parcourt 300 000 km en 1 seconde (valeur arrondie).
Si la distance moyenne Terre-Soleil est d'environ 150 millions de km, combien de temps la lumière du Soleil met-elle à nous parvenir ?

Munis de l'unité année-lumière, que nous abrégerons en a.l., et de ses multiples, notamment le million et le milliard d'années-lumière (respectivement Ma.l. pour méga années-lumière, Ga.l. pour giga années-lumière), nous pouvons nous lancer dans une petite visite de l'Univers. Commençons par notre planète la Terre, telle qu'on peut la voir depuis l'espace.

Faisons un petit bond en avant dans les échelles de longueur, juste un facteur 10 (autrement dit multiplions la distance par 10): c'est le système Terre-Lune.
Un petit coup d'accélérateur et nous voilà au niveau du Système solaire tout entier avec ses huit planètes. Sachant qu'il faut 4,2 heures pour que la lumière du Soleil parvienne à la huitième planète, Neptune, on calcule aisément que la distance Soleil-Neptune est de 4,5 milliards de km : soit une demi-dizaine de milliards de km, l'échelle est donc de l'ordre de 1010 km ! Il est difficile de donner une taille précise du système solaire, puisqu'au-delà de l'orbite de Pluton (qui est maintenant une planète naine), on trouve encore, non seulement des milliards de noyaux de comètes, mais aussi des dizaines de petits corps glacés appelés objets trans-neptuniens (parce que leur orbite autour du Soleil est située au-delà de celle de Neptune).
Notre Galaxie (que nous écrivons avec un G majuscule pour la distinguer des autres galaxies) est un ensemble de plusieurs dizaines de milliards d'étoiles. Nous avons déjà vu que les étoiles sont très loin les unes des autres : Alpha Centauri, notre plus proche voisine, est à 4,2 années-lumière, alors que les dimensions du système solaire se mesurent plutôt en heures-lumière. Les étoiles sont souvent groupées en amas dont les Pléiades sont un exemple caractéristique. Ici la distance typique entre étoiles est de l'ordre de 13 années-lumière. Nous sommes donc à une échelle caractéristique de 13 x 9,5 1015 m soit environ 1017 m. L'amas des Pléiades, qui peut être vu à l'oeil nu, contient plusieurs milliers d'étoiles et se trouve à 400 années-lumière du Soleil.

Les dimensions de notre Galaxie, la Voie Lactée, se mesurent en dizaines de milliers d'années-lumière. Si nous pouvions voir notre Galaxie de l'extérieur, elle ressemblerait sans doute à M83, une belle galaxie spirale barrée visible de l'hémisphère sud.

A une échelle encore plus grande, les galaxies sont organisées en grandes structures comme des amas de galaxies, regroupements de milliers de galaxies, de grands "murs" ou des "filaments". Voici un amas de galaxies de l'hémisphère sud observé avec un des télescopes du VLT.

Encore plus loin de nous, nous touchons aux limites de l'Univers observable. Découverte en 2004, voici la galaxie la plus lointaine observée à ce jour : elle n'est pas très spectaculaire, mais songeons que sa lumière a mis 13,2 milliards d'années à nous parvenir !
Quelle est la longueur de l'équateur terrestre mesurée en secondes-lumière (on prendra la vitesse de la lumière égale à 299 792 km/s) ?
Temps : 10 min
Depuis 1985, on mesure la distance entre la Terre et la Lune en déterminant la durée du trajet aller-retour d'un faisceau laser envoyé par le télescope, réfléchi par des rétro-réflecteurs qui ont été déposés sur la Lune par des missions automatisées soviétiques et à nouveau reçu par le télescope. Les objectifs scientifiques sont de mieux déterminer les mouvements de la Terre et de la Lune et de tester les théories de la gravitation. On effectue aussi le même genre de mesure sur des satellites artificiels pour déterminer très précisément leurs trajectoires.
La distance Terre-Lune valant en moyenne 384 000 km et la vitesse de la lumière dans le vide étant de 299 792 km/s, déterminer la durée du trajet du faisceau lumineux.
Si on veut déterminer la distance Terre-Lune avec une précision de l'ordre du mm, avec quelle précision faut-il déterminer le temps de trajet ? Commenter.
On veut représenter la distance de la Terre à la plus proche étoile, qui vaut 4,2 années-lumière, à l'échelle du globe terrestre. Si l'on place le Soleil à Paris et Proxima Centauri à Honololu (Hawaii), où doit-on placer la Terre ? On prendra une distance de 12 000 km pour Paris-Hawaii.
L'immense majorité des informations que les astronomes ont sur l'Univers et son contenu passe par l'étude de la lumière qui nous vient des astres. C'est par l'étude spectroscopique que nous pouvons obtenir des informations sur la composition, la température, la densité, la vitesse de déplacement, le champ magnétique, etc., des objets observés.
La spectroscopie consiste à séparer la lumière en ses diverses couleurs, définies de manière plus précise par leur longueur d'onde lambda (
). On définit également la fréquence nu :
, où c est la vitesse de la lumière.
Pour obtenir un spectre en astronomie, on collecte la lumière avec un télescope et on la disperse, grâce à un prisme ou à un réseau, tout comme les gouttes d'eau de l'atmosphère dispersent la lumière du Soleil et créent des arcs-en-ciel. On recueille la lumière ainsi "étalée" avec un détecteur (par exemple une caméra CCD).
L'œil est sensible aux longueurs d'onde comprises entre environ 400 nm (bleu) et 800 nm (rouge), avec 1 nm = 1 nanomètre = 10-9 m = 10-3
m (donc entre 0.4
m et 0.8
m). Mais la lumière couvre un spectre beaucoup plus vaste, avec, par longueur d'onde croissante (autrement dit par fréquence ou énergie décroissantes) les domaines gamma, X, ultraviolet, visible, infrarouge et radio.
Les astronomes utilisent encore souvent comme unité l'Angström, 1 Å = 0,1 nm.
Chaque élément chimique a un spectre propre. Les gaz chauds émettent des raies d'émission, apparaissant comme des pics d'intensité à des longueurs d'onde données, tandis que les spectres des étoiles présentent des raies d'absorption caractéristiques du type d'étoile considéré, c'est à dire des "creux" dans le spectre.
La mesure des distances est une question centrale en astronomie : cet astre qui nous semble si faible, est-ce parce qu'il est peu lumineux et proche de nous, ou bien très lumineux mais très lointain ? Cette étoile qui brille dans le ciel nocturne, comment croire qu'elle est aussi lumineuse que le Soleil ? Comment calculer la luminosité absolue d'une étoile ou d'une galaxie quand on ne connaît que sa luminosité apparente (observée) ? Questions auxquelles il est impossible de répondre tant que l'on n'a pas déterminé la distance de l'objet observé.
Les astronomes ont donc au fil des âges inventé toutes sortes de méthodes pour déterminer les distances de leurs astres favoris. Pour les corps du système solaire et les étoiles proches, la méthode est celle des parallaxes avec toutes sortes de variantes.

La méthode des parallaxes permet de définir l'unité de distance la plus couramment utilisée par les astronomes, le parsec (pc). Le parsec est la distance à laquelle se trouve une étoile qui a une parallaxe d'une seconde d'arc. L'année-lumière est moins utilisée que le parsec dans la littérature astronomique "professionnelle", sans doute parce qu'elle fait un peu double emploi avec le parsec. En effet 1 pc = 3,26 al.
Pour les astres plus lointains, on s'appuie souvent sur des "chandelles standard" : on suppose qu'une certaine classe d'objets a toujours la même luminosité absolue. Connaissant la luminosité apparente de la chandelle standard, on en déduit sa distance : en effet, la luminosité apparente décroit avec le carré de la distance. Une chandelle qui est à 2 millions d'années-lumière de nous est ainsi quatre fois moins lumineuse que celle qui est à 1 million d'années-lumière.
Les astronomes utilisent divers types de chandelles standard, les plus connues étant les étoiles variables Céphéides pour notre Galaxie et les galaxies proches, et un type particulier de supernovae appelées supernovae de type Ia pour les galaxies lointaines.
Pour les galaxies plus lointaines, on utilise le fait que les spectres des galaxies sont décalés vers le rouge par rapport à des spectres identiques qui seraient obtenus en laboratoire. Il s'agit là d'une propriété des ondes. Ici il s'agit des ondes lumineuses, mais c'est aussi valable pour les ondes sonores.
Ainsi, nous avons tous observé qu'un train ou une moto qui s'approche de nous émet un son aigu (donc de fréquence plus haute, et de plus petite longueur d'onde) alors que lorsqu'il s'éloigne de nous le son nous semble plus grave (donc de plus basse fréquence, et de longueur d'onde plus grande). On peut donc dire que le signal sonore émis par une source qui s'éloigne de nous est décalé vers les grandes longueurs d'onde. Ceci est également vrai pour les signaux lumineux ; c'est ainsi que l'on a pu constater que la lumière des galaxies reçue par l'observateur apparaît décalée vers les grandes longueurs d'onde, c'est-à-dire vers le rouge.
Il s'agit de l'effet Doppler-Fizeau, qui a diverses applications pour la mesure des vitesses dans la vie courante. Par exemple, les radars sur les routes sont basés sur la mesure du décalage Doppler d'une onde réfléchie par un véhicule en mouvement, et en médecine l'échographie Doppler permet de mesurer la structure et le flux sanguin présent dans les artères.
Nous avons vu dans cette section quelques outils indispensables pour la mesure et l'étude de l'Univers :
Nous allons maintenant voir comment l'idée d'un Univers en expansion s'est peu à peu imposée aux astronomes.
Attention, on utilise la mesure du temps de parcours du faisceau lumineux sur le trajet aller-retour !
On se rappelle que la lumière met 8 minutes pour aller du Soleil à la Terre.
Il faut être un peu plus précis sur ce qu'on appelle "Paris". Prenons par exemple le portail de Notre-Dame.