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Dialogue sur les deux Mondes

Auteur: Jérôme Lamy
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Le dialogue sur les deux Mondes - Galilée
Crédit : Bibliothèque / Observatoire de Paris

Citation

« Enfermez-vous avec un ami dans la plus grande cabine sous le pont d’un grand navire et prenez avec vous des mouches, des papillons et d’autres petites bêtes qui volent ; munissez-vous aussi d’un grand récipient rempli d’eau avec de petits poissons ; accrochez aussi un petit seau dont l’eau coule goutte à goutte dans un autre vase à petite ouverture placé en dessous. Quand le navire est immobile, observez soigneusement comme les petites bêtes qui volent vont à la même vitesse dans toutes les directions de la cabine, on voit les poissons nager indifféremment de tous les côtés, les gouttes qui tombent entrent toutes dans le vase placé dessous ; si vous lancez quelque chose à votre ami, vous n’avez pas besoin de jeter plus fort dans une direction que dans une autre lorsque les distances sont égales (…). Quand vous aurez soigneusement observé cela, bien qu’il ne fasse aucun doute que les choses doivent se passer ainsi quand le navire est immobile, faites aller le navire à la vitesse que vous voulez ; pourvu que le mouvement soit uniforme, sans balancement dans un sens ou dans l’autre, vous ne remarquerez pas le moindre changement dans tous les effets qu’on vient d’indiquer ; aucun ne vous permettra de vous rendre compte si le navire est en marche ou immobile (…) ».

Galilée, Dialogue sur les deux grands systèmes du monde, Paris : Le Seuil, 1992,, pp. 316-317.

Il s’agit notamment, dans cette partie, de réfuter les arguments anticoperniciens contre le mouvement de la Terre. L’un d’eux est que l’on voit les corps tomber verticalement et non obliquement. Parmi tous les exemples donnés par Galilée, il en est un qui est très pittoresque. Le savant italien invite le lecteur à se placer dans une cabine de bateau, à observer les poissons dans le bocal emporté à bord, à laisser couler de l’eau goutte à goutte, à regarder les mouches voler. Tout cela se passe aussi facilement si le bateau avance ou s’il est immobile au port. La conclusion est simple : aucun phénomène ne permet de déceler le mouvement auquel tout l’ensemble participe.

Galilée (dans cette Troisième journée) discute notamment de l’arrangement de l’ensemble des astres, de la structure de l’univers. Il conçoit un monde fini qui a un centre. Il existe une « sphère de l’univers ». Pour placer les planètes, la Terre et le Soleil : il considère que le plus simple est de faire tourner Mercure et Vénus près du Soleil, puis Mars, Jupiter, Saturne. Vaut-il mieux mettre la Terre ou le Soleil au centre ? Les arguments décisifs sont de l’ordre du raisonnement : l’arrangement le meilleur et le plus simple est aussi le plus probable, respectant une progression dans la durée de révolution, depuis Mercure, le plus rapide jusqu’aux étoiles qui sont immobiles comme le Soleil. Pour Galilée, Copernic a admirablement anticipé par sa théorie ce que l’observation a confirmé. Il a agi non comme un « astronome calculateur », (qui sauve les apparences en rendant compte des phénomènes par morceaux), mais comme un « astronome philosophe » qui tient à respecter une proportion d’ensemble.

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