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Lettre de Paolo Guardo

Auteur: Jérôme Lamy
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César Cremoninus (1550-1631)
Crédit : DP- Wikipédia

Citation

« On était au sommet de Janicule, près des portes de la cité (…) où, dit-on, s’était dressée un jour la maison du poète Martial et qui est maintenant la propriété du Très Révérend Malavasia. Avec cet instrument, nous vîmes le palais du très illustre duc Altemps sur les collines de Toscane, si distinctement que nous avons aisément compter chacune de ces fenêtres, même la plus petite ; et la distance est de seize milles italiens. Du même endroit, nous avons lu les inscriptions sur la galerie que Sixtus a construite dans le Latran pour les bénédictions si clairement que nous distinguons même les points de ponctuation creusés entre les lettres à une distance d’au moins deux milles ».

Julius Caesar La Galla, De phaenomenis in orbe lunae novi telescopii usa a D. Galileo Galilei nunc iterum suscitatis physica disputatio, Venise, 1612, p. 8.

Toutefois, Galilée doit aussi faire face à une grande défiance et à d’âpres critiques.

Les objections les plus intéressantes sont celles formulées par ceux qui niaient la validité des découvertes accomplies au moyen de la lunette. Le plus virulent fut l’aristotélicien Cesare Cremonini (v. 1550-1631) qui avait été collègue et ami de Galilée à l’université de Padoue. Il persista avec une telle obstination à défendre les sphères célestes, qu'il n’éprouva même pas le besoin d’engager une polémique avec Galilée à propos des découvertes révolutionnaires de ce dernier. On peut se reporter au passage d’une lettre du 29 juillet 1611 adressée à Galilée par Paolo Gualdo, connaissance commune des deux adversaires (et amis) qui lui raconte la visite qu’il venait de faire à Cremonini.

Citation

« Je suis donc allé dernièrement chez M. Cremonini, et, venant à parler de Votre Seigneurie, je lui dis en manière de plaisanterie : M. Galilée attend avec impatience que paraisse l’ouvrage de Votre Seigneurie. Il me répondit : Il n’a pas lieu de s’impatienter, car je ne fais aucune allusion à ses récentes observations. Je répondis : Je crois qu’il est le seul à avoir vu quelque chose, et d’ailleurs ces observations à travers des lunettes me font tourner la tête. Il suffit, je ne veux plus en entendre parler ».

Lettre de Paolo Gualdo à Galilée, 29 juillet 1611.

Un des opposants à ces découvertes de Galilée est Antonio Magini (1555-1617), titulaire de la chaire de mathématiques de l’Université de Bologne. Galilée se rend à Bologne pour convaincre son collègue. Voici ce que nous dit Martin Horky de Lochovic (très proche de Magini) de cette rencontre. (Il s’agit d’une lettre à Kepler)

Citation

« Galileo Galilei , mathématicien de Padoue, vint nous voir à Bologne et il apporta cette lunette à travers laquelle il a vu quatre planètes imaginaires. Quant à moi, le 24 et 25 avril, je n’ai dormi ni le jour ni la nuit, mais j’ai essayé l’instrument de Galilée mille fois et de mille façons, aussi bien pour considérer les objets terrestres que ceux célestes. Pour les objets terrestres, la lunette fait merveille. Pour les objets célestes, elle se trompe, car certaines étoiles fixes y apparaissent doubles. Je peux produire les témoignages d’hommes très distingués et de savants les plus connus (...) tous ont avoué que l’instrument de Galilée donne une vision fausse. Mais Galilée garda le silence, et le 26 il prit tristement congé de l’illustrissime Dr Magino »

Lettre de Martin Horky de Lochovic à Johannes Kepler, 1610.

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