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Un procès particulier

Auteur: Jérôme Lamy
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Crédit : Maarten Roos, LightCurveFilms

Si la condamnation de Galilée est un geste politique habile et inévitable, Urbain VIII ne va pas abandonner complètement son protégé. Le pape va faire en sorte que la condamnation ne soit pas trop lourde. En tant qu’accusé, Galilée eut droit à des égards particuliers puisqu’il ne fut pas arrêté. Le pape a confié la procédure à une commission d’instruction habilement constituée : elle ne comprenait qu’un seul jésuite qui servait de caution et était présidée par son neveu. Galilée avait été également assuré de la bienveillance de cette commission.

Cette dernière n’a retenu qu’un seul véritable chef d’accusation :

Galilée n’a pas respecté l’interdiction qu’il a reçue en 1616. La sentence tombe le 22 juin 1633 : l’ouvrage est prohibé et Galilée doit abjurer ses erreurs et sera désormais assigné à résidence (dans sa maison de campagne, près de Florence). Galilée se soumet. Voici le texte de l’abjuration de Galilée

Citation

« Moi, Galileo Galilei, fils de feu Vincenzo Galilei de Florence, âgé de soixante-dix ans, comparaissant en personne devant ce Tribunal. Je jure que j’ai toujours cru, que je crois à présent, et que, avec la grâce de Dieu, je continuerai à l’avenir de croire tout ce que la Sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, tient pour vrai, prêche et enseigne ; Mais parce que, après que le Saint Office m’eut notifié l’ordre de ne plus croire à l’opinion fausse que le Soleil est le centre du monde et qu’elle se meut, et de ne pas maintenir, défendre ni enseigner, soit oralement, soit par écrit, cette fausse doctrine ; après avoir notifié que ladite doctrine était contraire à la Sainte Ecriture ; parce que j’ai écrit et fait imprimer un livre dans lequel j’expose cette doctrine condamnée, en présentant en sa faveur une argumentation très convaincante, sans apporter aucune solution définitive ; j’ai été, de ce fait, soupçonné véhémentement d’hérésie, c’est-à-dire d’avoir maintenu et cru que la Terre n’est pas au centre et se meut. Pour ce, voulant effacer dans l’esprit de Vos Eminences et de tout chrétien fidèle ce soupçon véhément, à juste titre conçu contre moi, j’abjure et je maudis, d’un cœur sincère et avec une foi non simulée, les erreurs et les hérésies susdites, et en général toute autre erreur, hérésie, et autre entreprise contraire à la Sainte Eglise ; je jure à l’avenir de ne plus rien dire ni affirmer de voix, et par écrit, qui permette d’avoir de moi semblables soupçons, et s’il devait m’arriver de rencontrer un hérétique ou présumé tel, je le dénoncerais à ce Saint Office à l’inquisiteur ou à l’ordinaire de mon lieu de résidence ».

Galilée, Œuvres complètes, T. XIX, p. 407.

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