L'astronomie égyptienne


Situation

Cadre géographique

La civilisation égyptienne s'est déployée le long des 100 derniers kilomètres du Nil.

La Haute et la Moyenne Égypte (de la première cataracte jusqu'au delta) est une vallée très étroite bordée par le désert. À 150 km de la côte méditerranéenne, le Nil se divise en plusieurs branches et forme un delta. C'est la Basse-Égypte.

À la différence de la Mésopotamie (qui est un espace ouvert aux brassages culturels, fragmenté en de nombreuses zones d'influences politiques), l'Égypte est un espace refermé sur lui-même.

Panorama historique

Narmer (au IIIème millénaire) paraît être le fondateur de l'Égypte pharaonique. La résidence royale se situe à Thinis. (d'où le nom d'époque Thinite). L'Ancien Empire lui succède sans heurt particulier. C'est l'époque où l'on construit les pyramides de Saqqara et de Giza.

Après des luttes intestines, l'aube du IIème millénaire marque l'avènement d'une Égypte très puissante : c'est le Moyen Empire. Il s'agit de la période la plus féconde : des documents scientifiques importants sont produits à cette époque (en particulier le Papyrus Rhind, qui est un texte mathématique majeur, mais aussi des documents traitant de la médecine). À la fin du Ier millénaire, les grandes dynasties royales du Nouvel Empire émergent (Séti Ier , Ramsès II, Ramsès III). À partir du Ier millénaire, et jusqu'à la conquête d'Alexandre le Grand en 333 av. J.C., s'ouvre une période de troubles et d'instabilité. Finalement, après avoir été gouvernée par les rois macédoniens pendant trois siècles, l'Égypte passe sous la domination de l'Empire romain en 30 av. J.C.


Les sources

En ce qui concerne l'astronomie Égyptienne, on ne dispose pas des mêmes sources que pour les autres sciences. Il n'y a pas d'équivalent des papyrus mathématiques et médicaux. On peut toutefois se référer aux monuments funéraires ou aux calendriers qui décorent les sarcophages. Ce n'est qu'à la fin de l'histoire de l'Égypte que des textes écrits sur papyrus nous renseignent sur les connaissances astronomiques des Egyptiens (notamment le papyrus Carlsberg 9 qui décrit une méthode de détermination des phases de la Lune).

Cosmologie égyptienne

La cosmologie égyptienne, comme la cosmologie mésopotamienne, est mythique. Pour les Égyptiens, le ciel est une sorte de plafond solide, sur lequel roulent les eaux mystérieuses qui enserrent la terre de toutes parts. Lorsque le dieu Shou soulève le plafond, le Nil coule au sommet des montagnes et c'est sur ce fleuve céleste que flottent les planètes et généralement tous les astres qui ont un lever et un coucher visibles dans la vallée. Les étoiles fixes sont représentées par des lampes suspendues au plafond de fer. Bien sûr, on est ici très loin d'une cosmologie scientifique. Les structures du monde sont purement mythiques. Il n'y a pas de souci d'une explication rationnelle, ni même de recherche d'éventuelles analogies avec l'expérience physique courante.

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Représentation d'une éclipse à l'époque de l'égypte antique, dans un ouvrage du 18ème siècle (Scientia Eclipsium, 1747)
Crédit : Bibliothèque de l'Observatoire de Paris

Astronomie égyptienne

D'après les données fragmentaires récoltées, les historiens ont noté que les Egyptiens distinguaient les planètes et les étoiles fixes. Voici les noms donnés aux cinq planètes visibles : Jupiter (Hartapshitiou, Horus guide des espaces mystérieux), Saturne (Harkahri, Horus générateur d'en-haut), Mars (Hamarkhis, Horus rouge), Mercure (Sovkou), Vénus (Douaou, dans son rôle d'étoile du matin ; Bonou, dans celui d'étoile du soir ; il n'est pas sûr que les Égyptiens aient compris qu'il s'agissait d'une seule et même planète). Parmi les étoiles fixes, les Égyptiens distinguaient les étoiles circumpolaires (« étoiles impérissables »), des étoiles à la visibilité périodique. On sait également qu'ils regroupaient les étoiles en constellations.

La manière dont sont orientées les pyramides nous permet de supposer que les égyptiens utilisaient des connaissances astronomiques. L'exactitude de l'orientation des pyramides est telle que les Egyptiens disposaient d'un moyen efficace de déterminer le nord vrai. Il ne peut reposer que sur des observations astronomiques (la méthode des ombres portées n'est pas assez précise et la boussole n'était pas connue). Il est possible, comme l'avait suggéré l'historien Jean Vercoutter, que les Egyptiens aient trouvé une solution empirique simple. Les appareils utilisant la longueur de l'ombre pour déterminer l'heure leur ayant appris que l'ombre la plus courte était tournée vers le nord, ils auraient noté, au cours de leurs observations nocturnes, une étoile fixe donnant la même direction.


Le calendrier égyptien

Le calendrier constitue un autre élément important de la civilisation égyptienne qui nous permet de mieux appréhender les connaissances astronomiques mises en oeuvre. Le calendrier comporte 365 jours, soit 12 mois de 30 jours plus 5 jours ajoutés après les 12 mois, ce qui fait un quart de jour de moins que l'année solaire. Voici les noms des mois égyptiens regroupés en trois saisons :

I- Akhet (inondations) II- Péret (semailles) III- Chémou (moissons)
Thoth (juillet-août) Tybi (novembre-décembre) Pachons (mars-avril)
Paophi (aôut-septembre) Méchir (décembre-janvier) Payni (avril-mai)
Athyr (septembre-octobre) Phaménoth (janvier-février) Epiphi (mai-juin)
Choiac (octobre-novembre) Pharmouti (février-mars) Mésori (juin-juillet)

La définition du début de l'année civile pose problème. Astronomiquement, elle commence lorsque Sothis (c'est-à-dire l'étoile Sirius), après une période d'invisibilité d'environ 70 jours redevient à nouveau visible peu de temps avant le lever du Soleil. Dans l'ancienne Égypte, c'est également à cette époque que commence l'inondation des terres par le Nil. Mais l'année égyptienne est trop courte d'un quart de jour. Ceci explique le décalage progressif de l'année civile par rapport à l'apparition de Sothis (au bout de 120 ans, l'année civile commence 1 mois après cette apparition).

L'étude du calendrier ne nous apprend que très peu de choses sur les connaissances astronomiques des Egyptiens. On sait donc qu'ils ont une assez bonne approximation de l'année solaire, et qu'ils observent la réapparition périodique de Sirus.


Exercice

exerciceAstronomie égyptienne

Difficulté :    Temps : 10

Question 1)

Décrivez les éléments principaux de la cosmologie égyptienne.

Question 2)

Peut-on objectivement comparer l'astronomie mésopotamienne et l'astronomie égyptienne ?


Conclusion

conclusionConclusion

Il y a une très grande pauvreté en documents astronomiques égyptiens. Les données fournies paraissent très en deçà des connaissances astronomiques mésopotamiennes. Toutefois, la comparaison est faussée par la trop grande différence quantitative de documents qui subsistent.

Les Egyptiens semblent n'avoir vu dans l'astronomie qu'un moyen de compter le temps (une préoccupation utilitaire et pragmatique) pour l'agriculture, mais aussi pour la religion. Les prêtres devaient exécuter des rites à des dates et heures précises, et c'est sans doute à cause de ces pratiques religieuses que l'astronomie s'est développée.