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- Histoire de l'Astronomie

La cosmologie de Philolaos de Crotone

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L'univers de Philolaos de Crotone
Crédit : ASM/Jérôme Lamy et Gilles Bessou

Nous proposons ici de nous focaliser sur une cosmologie particulière d'un Pythagoricien, afin de mieux cerner le rapport entre les nombres et le monde qu'établissent ces présocratiques.

Nous allons analyser plus en détail la conception du monde attribuée à Philolaos de Crotone (450-400 av. J.C.). Nous nous référons en particulier au texte d'Aétius (Opinions, II, VII, 7), qui fournit une présentation relativement complète de la conception cosmologique de Philolaos. Ce dernier distingue plusieurs parties dans l'univers : la zone la plus haute qui correspond aux astres fixes, est appelée Olympe (c'est le domaine réservé aux Dieux) ; ensuite se trouve le Cosmos (ce qui est ordonné) qui contient les planètes, le Soleil et la Lune. Enfin, le Ciel constitue la partie sublunaire.

L'ordre des astres est le suivant : au centre du monde est placé un feu (qui n'est pas le Soleil), puis vient, l'Anti-Terre, la Terre, la Lune, le Soleil, les cinq planètes, et la sphère des étoiles fixes. Tous ces astres tournent autour du feu central. Pour rendre compte du mouvement régulier des cieux, les mouvements des astres se font selon des vitesses précises.

On ignore, dans cette conception, pourquoi le feu central et l'Anti-Terre ne sont pas visibles depuis la Terre. Il convient de remarquer dans ce modèle que c'est la première fois que la Terre n'est pas au centre et qu'elle est en mouvement sur une orbite circulaire. La Lune et le Soleil ne font que réfléchir la lumière du feu central.

Les rayons des orbites sont régis par un ordre mathématique précis que nous indique Plutarque (dans son texte Plutarque donne un ordre différent des astres) : le rayon du feu central est 1, le rayon de l'orbite de l'anti-Terre est 3, de la Terre 9, de la Lune 21, de Mercure 81, de Vénus 243, du Soleil 729 (729 est à la fois un carré et un cube, 272, 93, d'où le nom de carré-cube donné au Soleil) et ainsi de suite par multiplications par 3 successives.

On doit remarquer ici les effets de la mystique des nombres propre aux pythagoriciens : les rayons des orbites des astres suivent une progression de raison 3, non pas parce que ce résultat proviendrait d'observations, mais seulement en raison d'une harmonie céleste que recherchent les pythagoriciens.

Bien que fausse, cette conception de l'univers, avec la Terre en rotation et en orbite, exercera une certaine influence sur quelques philosophes ultérieurs.

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