L'astronomie mésopotamienne


Situation

Situation géographique

La Mésopotamie correspond à l'Irak actuel et à une partie de la Syrie actuelle. Il s'agit d'une plaine, sillonnée par le Tigre et l'Euphrate. La partie sud est alluvionnaire. A l'Est de la plaine, on trouve un massif montagneux du Zagros (bordant le plateau de l'Iran). À l'ouest, c'est le désert de Syrie. Enfin, au nord se situent les montagnes d'Arménie (sources de l'Euphrate et du Tigre). Les deux fleuves inondent de leurs crues la Basse-Mésopotamie, qui correspond historiquement à la Babylonie.

Brève présentation historique

La période historique commence vers 3500 av. J.C., à Sumer et à Elam. Cette région est le berceau d'une innovation capitale dans l'histoire des civilisations : l'invention de l'écriture. À la fin du IIIème millénaire av. J.C., le premier Empire sumérien domine. Les Sumériens connaissent un apogée pendant deux siècles. S'ils déclinent par la suite, leur influence culturelle est considérable.

Au début du IIème millénaire, un nouvel Empire (dirigé par le roi Hammourabi) émerge, centré sur Babylone. Parallèlement, on assiste à la montée en puissance de l'Empire assyrien. Les deux royaumes subissent les invasions répétées des peuples voisins. Lors du premier millénaire, un Empire néo-babylonien s'installe en Assyrie, en Iran et en Asie Mineure. L'empire babylonien s'effondre sous les coups des invasions perses au VIe siècle av. J.C.

L'histoire de la Mésopotamie a donc donné lieu à de nombreux brassages de peuples et de cultures. Il est relativement difficile de préciser les généalogies culturelles et savantes de chacune des traditions ayant fondé la civilisation mésopotamienne. Quoique très brillante, la civilisation sumérienne ne nous a laissé que très peu de traces dans le domaine de l'astronomie (si ce n'est que quelques noms d'étoiles et de constellations).


Les sources

Les historiens disposent de nombreuses tablettes qui révèlent les données astronomiques relevées par les Babyloniens. Le premier document connu, datant du IIème millénaire, décrit un univers à huit cieux enchâssés les uns dans les autres. Des textes ultérieurs évoquent la Lune, le Soleil, les planètes, les fixes, mais aussi les saisons ou les longueurs des ombres. On dispose également, à partir du Ier millénaire, d'éphémérides indiquant notamment les conjonctions des planètes avec les étoiles fixes. Les observations astronomiques sont suivies et servent à l'étude des mouvements célestes. On note, dans l'ensemble de ce corpus, une volonté progressive de mathématiser l'astronomie.

Les instruments astronomiques


La cosmologie babylonienne

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La représentation sumérienne du monde (schéma simplifié)
Crédit : ASM/Jérôme Lamy et Gilles Bessou

Il est difficile de parler d'une cosmologie au sens scientifique du terme. Il s'agit d'une explication mythique du monde. D'autre part, la Mésopotamie est un espace de brassage culturel intense, ce qui ne permet pas de dégager un modèle cosmologique unique. En suivant les travaux de l'historien Samuel Noah Kramer on peut donner un exemple de conception cosmologique : l'eau joue un rôle important, le monde est conçu comme une bulle immergée dans une mer primordiale. Nous verrons plus loin que cette conception a influencé la cosmologie égyptienne et présocratique.

Une astronomie d'observation

Les astronomes mésopotamiens ne s'éloignaient pas de ce qui était directement observable.


Le calendrier

Une des préoccupations les plus importantes des Babyloniens concerne le calendrier. Le calendrier est lunaire, c'est à dire que l'année se compose de 12 mois lunaires, un mois lunaire se compose de 29,5 jours (dans les faits c'est une alternance de 29 jours et de 30 jours).

Voici les noms du calendrier babylonien classique ; l'orthographe peut être différente d'une présentation à une autre, nous retenons ici l'orthographe la plus courante :

Nissan Mars-avril
Aiar Avril-mai
Siwan Mai-juin
Du'uzu Juin-juillet
Ab Juillet-août
Elul Août-septembre
Teshrit Septembre-octobre
Arashama Octobre-novembre
Kislew Novembre-décembre
Tebet Décembre-janvier
Shebat Janvier-février
Addar Février-mars

Un tel calendrier pose un problème majeur : 12 mois lunaires font 354 jours. Ce qui fait un retard de 11 jours 1/4 sur l'année solaire (365 jours et 6 heures). Il faut compenser le retard. On ajoute (de temps en temps) un mois supplémentaire à l'année (en général tous les 3 ans). Ce mois supplémentaire est soit Elul II, soit Nissan II, soit Addar-complémentaire. Initialement, l'ajout d'un mois n'était pas fondé sur une règle bien déterminée. Progressivement, la décision d'intercaler un mois a été prise en fonction de données astronomiques. Au 6ème siècle av. J.C., l'intercalation est fondée sur un cycle très précis, 235 mois lunaires correspondant à 19 années solaires (19 années lunaires et 7 mois). Il s'agit d'un cycle qui sera connu plus tard sous le nom de cycle de Méton. Les années « allongées » d'un mois complémentaire sont les suivantes :

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19

Le calendrier s'impose en raison de la vie économique et administrative, mais aussi les travaux agricoles (il est nécessaire que le rythme des saisons et celui de la culture ou de l'élevage s'accordent). C'est là un point fondamental de la civilisation mésopotamienne, la science astronomique pratiquée a surtout des objectifs pratiques et utilitaires.


Exercice

exerciceAstronomie mésopotamienne

Difficulté :    Temps : 10

Question 1)

Rappeler quels sont les trois principaux instruments de l'astronomie mésopotamienne.

Question 2)

Le calendrier babylonien est-il solaire ?